LA PREFECTURE COMMUNIQUE :

COMPTE-RENDU DU COLLOQUE « AVENIR DES TERRITOIRES »

Perpignan, 20 juin 2008

    Le 20 juin 2008, l’Université de Perpignan accueillait près de 200 élus, maires, parlementaires et acteurs socio-économiques des Pyrénées-Orientales. Tous avaient été invités par le préfet du département, Hugues Bousiges, à venir débattre d’une question majeure : « quel avenir pouvons-nous préparer ensemble pour notre département et ses habitants? »

    Ce rendez-vous constituait la première étape d’une démarche lancée en octobre 2007 lors de l’assemblée générale de l’association des maires. A cette occasion, Hugues Bousiges, préfet des Pyrénées-Orientales, avait identifié un certain nombre de « défis » pour l’avenir du département : une forte croissance démographique, une économie à conforter, un environnement et des paysages à protéger. L’enjeu majeur de l’aménagement du territoire, c’est non seulement le développement de la compétitivité mais aussi le maintien de la cohérence territoriale.

 

DEMOGRAPHIE

Les constats :

Une croissance démographique soutenue qui devrait se poursuivre.

Les P.O. connaissent une croissance démographique de l’ordre de 1,4% par an depuis 1999 qui s’explique notamment par la forte attractivité exercée par le climat et de cadre de vie du département. Les projections de l’INSEE montrent que la population pourrait continuer à croître d’ici 2030. Parallèlement, les déséquilibres devraient s’accentuer, la Plaine du Roussillon regroupant à terme les 3/4 de la population départementale.

Une forte mobilité résidentielle.

Plus d’un habitant du département sur trois ne résidait pas dans son logement actuel en 1999.

Un vieillissement important mais inégalement réparti.

La population des P.O. est plus vieille que la moyenne régionale (et nationale). On observe de fortes disparités entre les bassins de vie.

Un niveau de qualification qui augmente.

Un taux de pauvreté important.

Dans le département, 2 personnes sur 10 vivent avec moins de 788 € par mois. En 2003, 13% des ménages étaient allocataires de minima sociaux.

Les défis à relever :

Comment accueillir 5 000 nouveaux habitants par an dans le département?

Comment anticiper les conséquences du vieillissement de la population?

Comment capter une population jeune et faire en sorte qu’elle reste dans le département?

Quelques pistes de réflexion :

- Développer des infrastructures stratégiques pour rééquilibrer les flux de population,

- Attirer de jeunes actifs pour compenser le vieillissement global de la population,

- S’appuyer sur l’installation de personnes âgées pour conforter la vocation tertiaire du territoire,

- Répondre aux problèmes de logements,

- Faire de l’intercommunalité un véritable outil de solidarité entre les territoires.

 

LOGEMENT

Les constats :

Le parc de logements en augmentation.

Dans le département, on recense chaque année la construction de 5 700 logements dont 1/3 environ sont des résidences secondaires.

Un parc important de logements indignes.

On estime à plus de 22 000 le nombre de logements indignes, soit 13% des résidences principales du département. Les zones de moyenne montagne étant les plus touchées par ce phénomène.

Une forte demande de logements sociaux.

Compte tenu de la forte demande des ménages pour des logements sociaux, le délai d’attente moyen est aujourd’hui de 14 mois.

Une production de logements sociaux en hausse mais toujours insuffisante.

Depuis le début des années 2000, la production de logements sociaux a sans cesse augmenté.

Une politique du logement qui s’articule autour de deux axes : construire et rénover.

Il s’agit d’une part d’accroître l’offre de logements (en quantité et en qualité) et d’autre part de rénover le parc existant.

Les défis à relever :

Comment répondre au besoin global de logement (social…)?

Comment lutter contre l’habitat précaire et/ou indigne?

Quelques pistes de réflexion :

- Trouver les outils d’urbanisme permettant aux élus d’agir sur les prix du foncier,

- S’appuyer sur les opérateurs,

- Développer des alternatives à l’habitat pavillonnaire.

 

ENVIRONNEMENT, EAU, RISQUES

Les constats :

Un département riche d’une grande biodiversité.

Les Pyrénées-Orientales disposent d’un patrimoine naturel remarquable. 30% du territoire départemental est classé en zone Natura 2000.

Une ressource en eau inégalement répartie.

Les besoins et les ressources ne se situent pas dans les mêmes zones géographiques, ce qui entraîne la naissance de conflits d’usage.

Une progression importante des terres artificialisées.

Les Pyrénées-Orientales connaissent une pression importante en terme de consommation d’espace. Les terres artificialisées ont progressé de 3,7% par an depuis la fin des années 80.

Des outils existants de préservation des milieux.

Limiter la croissance urbaine devient un enjeu de plus en plus important dans les bassins de vie où la croissance démographique est la plus importante.

Des risques naturels omniprésents.

Dans le département, 175 communes sont concernées par le risque d’incendie de forêt. Le risque d’inondation est lui aussi récurrent et concerne 80% des communes. La zone inondable correspond aussi au territoire le plus peuplé du département (1/3 des habitants).

Les défis à relever :

Comment concilier développement économique et protection de l’environnement?

Comment garantir le maintien des surfaces agricoles?

Comment préserver la ressource en eau?

Comment faire évoluer les outils de prévention des risques naturels?

Quelques pistes de réflexion :

- Prendre conscience du rôle transversal joué par l’agriculture,

- Encourager la réutilisation des eaux traitées.

 

DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Les constats :

Un taux de chômage élevé.

Le département des Pyrénées-Orientales est confronté, comme l’ensemble de la Région, à un fort taux de chômage. Mais l’écart avec le taux de chômage national tend à se réduire.

Un secteur tertiaire qui offre le plus grand nombre d’emplois.

Ce sont les services qui créent le plus d’emplois dans le département et notamment les services à la personne.

Tourisme et construction : deux secteurs dynamiques qui génèrent des emplois souvent précaires.

Le tourisme est un secteur important dans l’économie départementale mais il est aussi source de précarité pour les jeunes actifs (moins de 25 ans) qui représentent la majorité des saisonniers.

Une agriculture marquée par des productions dominantes.

Sur l’ensemble du département, les productions dominantes (vigne, maraîchage, élevage,…) varient d’un territoire à l’autre. On observe en revanche une progression généralisée des surfaces boisées qui couvrent le tiers de la superficie départementale.

Des professionnels agricoles qui font face à une situation difficile.

Les professionnels agricoles sont confrontés à un contexte commercial très concurrentiel et à des perspectives d’évolution profonde de leur activité (prise en compte de l’environnement, réforme PAC).

Les défis à relever :

Quels projets économiques faudra-t-il mettre en place à l’avenir?

Comment valoriser au mieux le potentiel du territoire?

Comment lutter contre la précarité qui touche certains secteurs économiques?

Comment se préparer aux évolutions à venir dans la filière agricole?

Quelques pistes de réflexion :

- Mieux évaluer le potentiel que représentent les friches agricoles,

- Ne pas renoncer aux implantations industrielles.

 

CONCLUSION

Les constats :

Une arrivée massive de population dans les 20 ans à venir.

Le département doit se préparer à accueillir 100 000 habitants supplémentaires dans les 20 ans à venir, ce qui implique de leur trouver un logement, un emploi, etc.

Des ressources à préserver.

Le département dispose d’importantes ressources, parmi lesquelles un patrimoine environnemental remarquable, mais sensible, qui offre un cadre de vie de qualité à ses habitants.

Des préoccupations qui varient selon les bassins de vie.

Les préoccupations exprimées par les élus varient d’un bassin de vie à l’autre. Les priorités diffèrent notamment entre le littoral, la plaine, les vallées…

Un nouveau système de gouvernance à définir.

Les élus conçoivent toujours la commune comme un niveau d’action pertinent mais s’avouent limités par les outils dont ils disposent. Près de la moitié d’entre eux considèrent la communauté de communes (ou d’agglomération) comme l’échelle la plus pertinente pour faire face aux enjeux liés à l’aménagement du territoire.

Les défis à relever :

Comment obtenir un développement territorial équilibré?

Comment gérer durablement les espaces naturels et agricoles?

Comment anticiper l’arrivée du TGV?

 

Tout ce compte-rendu, mais bien plus détaillé (avec les chiffres pour chaque bassin et secteur) est consultable en mairie.