Communiqué du SNES 66 

   Les Pyrénées-Orientales sont victimes comme tous les autres départements de la vague massive de suppressions de postes. Le différentiel créations-suppressions est éloquent : moins 11 postes en collèges et moins 24 en lycées, sans parler bien évidemment des postes non enseignants qui sont eux aussi sévèrement touchés. La politique gouvernementale sacrifie le service public d’Education sur l’autel de l’austérité. Cette politique est aggravée par un facteur supplémentaire : l’assouplissement de la carte scolaire.
   Au niveau départemental, 90% des demandes de dérogations ont été acceptées en collèges et 81% en lycées. Les stratégies d’évitement se répandent ; elles renforcent l’enseignement privé et menacent la mixité sociale et l’équilibre entre établissements. L’assouplissement de la carte scolaire aggrave les tendances observées depuis quelques années.
   Les collèges Jean-Macé et Saint-Exupéry de Perpignan ainsi que François-Mitterrand de Toulouges sont les plus attractifs. Pour les lycées, la palme revient au lycée Arago suivi de Picasso. Ces établissements arrivent ou dépassent leur seuil de tolérance et seul le lycée Picasso a obtenu quelques rares et insuffisants moyens supplémentaires pour faire face à cet afflux.
   Cette politique occasionne de lourds dégâts : les collèges Marcel-Pagnol, J-S- Pons, Albert-Camus et La Garrigole, le lycée Jean-Lurçat de Perpignan sont les principales victimes de la déréglementation. Les deux premiers sont des établissements ZEP dont le public est fragile : la menace d’une fusion, catastrophique pour ces deux collèges, ressurgit donc malheureusement. Les deux suivants arrivent au seuil critique avec seulement 330 élèves environ : va-t-on arriver à l’extrémité de fermer un collège à Perpignan alors que certains en périphérie approchent ou dépassent les 1000 élèves (Thuir, Saint-Estève, Saint-Laurent) ? Enfin, la section d’enseignement général du lycée Lurçat compte moins de 1300 élèves : 500 de moins environ en 5 ans, baisse inquiétante notamment due au maintien du collège de Thuir dans le secteur d’Arago déjà engorgé et son non remplacement à Lurçat. Pendant ce temps, la restructuration des bâtiments vient de coûter 24 millions d’euros au Conseil régional! Ces établissements sont tous victimes d’un cercle vicieux : le non respect de la carte scolaire leur fait perdre des élèves (souvent ceux ayant les meilleurs résultats), les moyens en heures d’enseignements et personnels disparaissent également ce qui dégradent les conditions de travail et provoquent donc une nouvelle hémorragie !
   De plus la mixité sociale est de moins en moins assurée et élèves et parents subissent directement les conséquences de cette politique.
   La seule réponse de l’Inspection Académique est de se borner à suivre le mouvement démographique… Le SNES 66 demande qu’une réflexion rapide soit menée pour mettre en place une politique volontariste garante de l’équilibre démographique, éducatif et social entre les établissements des P-O.

Marc Moliner, pour le SNES 66