Article de Georges Sentis paru dans Le Travailleur Catalan

  Ils s’appelaient Pablito, Sarah, Simon, Miguel… Ils avaient tous moins de dix ans quand, entre 1939 et 1941, ils sont morts dans le camp d’Argelès. Morts de faim, de froid, du manque d’hygiène. Ils sont venus mourir là parce qu’ils étaient enfants de Républicains espagnols ou de Juifs émigrés.
  Depuis 60 ans, ils sont enterrés dans le petit cimetière des Espagnols, une fosse commune creusée aux portes du camp dont l’emplacement est signalé par une modeste stèle.

  En 1999, la municipalité d’Argelès-sur-Mer a fait planter un petit chêne à la mémoire de ces 70 enfants. Il a beaucoup grandi depuis, chance que n’ont pas eu Pablito, Sarah, Simon, Miguel …
  La liste des enfants et des mères mortes au camp d’Argelès aurait été bien plus longue sans l’activité inlassable d’Elisabeth Eidenbenz à la maternité suisse d’Elne.
  Cette année, à la veille du 70ème anniversaire de la Retirada, le Bureau municipal et l’Association des Fils et Filles de Républicains espagnols et Enfants de l’Exode ont décidé de rendre hommage à ces enfants trop longtemps oubliés. A la question : « A quel moment le faire ? », la réponse a été évidente : « Pour Noël ». Et c’est ainsi que, le dimanche 21 décembre, l’arbre a été décoré d’une guirlande portant 70 petits coeurs rouges avec les noms, âges et dates de décès des enfants.
  Initiative émouvante qui sera renouvelée chaque dimanche avant Noël. Faisons en sorte que cette manifestation connaisse un impact grandissant.