Le Conseil Général des Pyrénées-Orientales vient de mettre en place un observatoire départemental des violences faites aux femmes : le 3ème en France à être porté par un département. 

Lundi 23 juin, La Présidente du Conseil Général a accueilli les représentants institutionnels et associatifs, tous membres du comité de pilotage du nouvel observatoire des violences faites aux femmes, installé ce jour, comme prévu dans le cadre du protocole départemental signé en novembre dernier par l’Etat, le Conseil Général, le Parquet et la Caisse d’Allocations Familiales. 

Les chiffres sont alarmants et nécessitent une réflexion commune et des mesures globales pour identifier les violences, qu’elles soient à la maison, dans la rue ou sur le lieu de travail, et répondre aux besoins des victimes. En France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. L’an dernier, dans les Pyrénées-Orientales, 4 femmes sont mortes de violences conjugales. Une Française sur 10 dit avoir déjà été victime de violence conjugale. Mais combien ont effectivement porté plainte ? Combien ont parlé ? Le procureur de la République de Perpignan le rappelle : peu de femmes battues parlent et beaucoup trop se taisent encore. Il faut parvenir à briser ce silence. La majorité des coups sont portés à la maison, en huis-clos, sans témoin, ou alors devant les enfants qui souffrent autant que leur mère de la situation. Les femmes battues ressentent parfois de la culpabilité, un mélange d’amour et de haine pour leur compagnon. Lorsqu’elles se sentent prêtes à parler, elle ne savent pas toujours à qui s’adresser. Les professionnels de santé sont souvent les premiers confidents, mais une partie des informations leur échappe parfois car il n’est pas aisé de trouver la bonne façon d’interroger la victime et de la mettre en confiance pour qu’elle se laisse aller à une parole entière et décomplexée. De nombreux professionnels (médecins, enseignants, travailleurs sociaux, etc.) estiment qu’ils ne sont ni formés, ni compétents pour agir face à ses situations. La création de l’observatoire comprend donc un volet formation.

Ce nouvel outil, expérimental et en cohérence avec les objectifs nationaux (détaillés au sein du 4ème plan interministériel de lutte contre les violences) va permettre de développer des actions coordonnées et d’expérimenter de nouveaux dispositifs partagés pour une meilleure prise en charge des femmes victimes. A titre d’exemple, cet observatoire aidera à  centraliser les données pour mieux identifier les besoins notamment en matière de logement et d’hébergement.