Le Syndrome du Choc Toxique (SCT) est une affection rare mais grave, qui peut être fatale. Elle  est causée par des toxines produites par une bactérie (Staphylococcus aureus). Naturellement présente chez 30 à 40% des hommes, des femmes et des enfants (dans le nez, l’arrière gorge, le rectum, le vagin ou sur la peau), elle n’est, dans la majorité des cas, pas dangereuse. Elle peut cependant parfois causer un SCT chez un très petit nombre de personnes. Le SCT lié aux règles semblait avoir disparu mais depuis quelques années, à la suite d’un décès et de plusieurs amputations, il redevient source d’inquiétude. La maladie a fait sa réapparition et ne cesse de croître (5 cas déclarés en 2004, 19 en 2011 et jusqu’à 22 cas en 2014), ce qui inquiète les autorités sanitaires.

 En bloquant le fluide menstruel, les tampons favorisent la création d’un milieu de culture chaud et sans circulation dans laquelle la bactérie et ses toxines peuvent se développer rapidement et gagner le système sanguin, avec les symptômes suivants : fièvre soudaine (38,9 °C ou plus), vomissements, maux de gorge, diarrhée, éruption cutanée ressemblant à un coup de soleil, douleurs musculaires, étourdissements, parfois évanouissement. A terme, le SCT peut provoquer des nécroses (bout du nez, des doigts, etc.). Il est donc fondamental d’éviter de garder un tampon plus de quatre heures car plus on le garde, plus les bactéries prolifèrent.

  Des chercheurs du CHU de Lyon ont décidé de mieux comprendre cette recrudescence de SCT et lancent une grande collecte nationale de tampons usagés. Pour obtenir un kit, il suffit d’aller sur le site du CHU de Lyon (www.chu-lyon.fr) ou d’écrire à gerard.lina@univ-lyon1.fr. Pour la participante, l’intérêt est aussi de savoir si elle est porteuse de la bactérie l’exposant à ce risque.

  Notez par ailleurs qu’une pétition ayant recueilli plus de 257.000 signatures demande aux fabricants de rendre visible la composition des tampons. En effet, en février 2016, l’association « 60 millions de consommateurs » avait aussi alerté sur la présence de dioxines dans certaines protections hygiéniques.