Une habitante du vieux village a signalé en mairie que son chat avait été empoisonné au cours de la semaine dernière, suite à l’ingestion d’un raticide (essentiellement composé d’anticoagulants). Il a été sauvé in extremis par le vétérinaire qui lui a administré un traitement de vitamine K1 (d’abord par intraveineuse puis par comprimé).

  Il existe deux types de produits raticides ou rotondicides (plus communément appelés « mort aux rats ») :
• 1ère génération (les plus anciens) : coumafène ou warfarin, chlorophacinone, qui persistent 2 à 3 semaines dans l’organisme
• 2ème génération : bromadiolone, difénacoum, brodifacoum, diféthialone, flocoumafène, etc., qui persistent pendant 3 à 5 semaines.

  Ils sont utilisés pour lutter contre les rongeurs nuisibles et agissent en bloquant le cycle normal de la coagulation, ce qui provoque des hémorragies. Ils sont stockés dans le foie et les reins de l’animal pendant plusieurs semaines.

  Si le chien ou le chat ingère directement le poison, on parle d’intoxication directe. Elle peut être accidentelle si l’animal découvre un appât empoisonné destiné aux rongeurs ou bien une boîte de produits raticides, mais il arrive aussi que l’intoxication soit un acte de malveillance.

  On parle d’intoxication indirecte lors d’ingestion par les chats ou les chiens de rongeurs empoisonnées, le risque est alors très faible si votre animal n’en mange qu’un de temps en temps, la dose toxique pour un rongeur étant bien plus basse que celle pour nos carnivores domestiques. Cependant, par accumulation, il peut finir par s’intoxiquer. Ce risque est à considérer chez le chat, chassant volontiers les petits rongeurs, il attrapera plus facilement sa proie affaiblie par le poison.

  Les signes n’apparaissent pas tout de suite après l’ingestion, mais plusieurs jours après (entre 2 et 12 jours) et traduisent un syndrome hémorragique diffus

  En début d’évolution on pourra observer une baisse d’appétit, une faiblesse, puis des signes d’hémorragie : anémie (muqueuses pâles), saignements de nez), selles rouges ou noires, sang dans les urines, saignements dans les articulations qui se traduisent par un gonflement des articulations, une boiterie, de la toux, des difficultés respiratoires dues à des hémorragies pulmonaires, voire des convulsions (dues à des hémorragies cérébrales).

  Si votre animal vient de manger un raticide anticoagulant et que vous en êtes témoin, alors il faut vous rendre immédiatement chez votre vétérinaire. En effet si l’ingestion a eu lieu il y a moins de 6 heures, le vétérinaire pourra évacuer le toxique en faisant vomir votre chien ou votre chat avec un médicament spécifique.

  Si ce délai est dépassé, il existe un antidote : la vitamine K1. Il sera administré immédiatement par votre vétérinaire en intraveineuse puis en comprimés pendant 2 à 5 semaines (parfois même pendant plusieurs mois) selon le raticide ingéré et la fréquence d’exposition à ce produit. Si vous ne savez pas quel raticide est en cause, alors votre vétérinaire prescrira d’emblée un traitement de 3 semaines minimum avec un contrôle à l’issue de ce traitement.

  Astuce : donnez les comprimés de vitamine K1 avec une noisette de beurre, la prise est ainsi facilité et l’efficacité de l’antidote est meilleure lorsqu’il est administré avec de la matière grasse.

  Si votre animal n’a été pris en charge que tardivement et que les hémorragies sont déjà déclarées depuis plusieurs jours, si l’anémie est très importante, une transfusion sanguine peut être nécessaire, en plus du traitement à la vitamine K1.

  Attention ! N’arrêtez jamais de donner le médicament avant la fin de la période de traitement préconisée par la prescription de votre vétérinaire même si votre animal va mieux. Le toxique reste présent dans le corps de votre animal et s’il va mieux c’est bien grâce à la vitamine K1 qu’il prend chaque jour. Le traitement est indispensable jusqu’à ce que le toxique soit totalement éliminé par l’organisme.