En partenariat avec « Wilde Biene + Partner », une société militante fondée en 2013 par les biologistes Claudio Sedivy et Tom Strobl, qui travaillent activement à la défense des abeilles, un abri pour abeilles maçonnes a été installé dans la cour devant l’église de Tordères.

Abri abeilles

  En charge de la reproduction de plus de 80% des espèces végétales, les abeilles sont aujourd’hui gravement menacées par l’homme, et pourtant sans elles, l’humanité serait en grand danger. C’est pour cela que notre commune a souhaité «parrainer» des abeilles sauvages en installant ce petit abri.

Abeille rentrant au bercail Abeille sauvage

  Il existe en France 800 espèces d’abeilles sauvages. Celles que nous accueillons sont des abeilles maçonnes. Comme 90% des abeilles sauvages, elles ne vivent pas en colonie et n’ont ni reine ni ouvrières. Elles ne produisent pas de miel et n’ont pas de nid de cire. Elles sont solitaires, c’est-à-dire qu’elles travaillent pour elles-mêmes. Entièrement dévouées à leur progéniture, elles se nourrissent exclusivement de pollen et de nectar et ne sont pas attirées par la nourriture sucrée ou salée. Chaque goutte de nectar butinée est soigneusement mélangée avec le pollen pour former de petites boules de nourriture qui sont stockées dans les cellules du tunnel pour les futures jeunes abeilles.

  Les abeilles sauvages ne sont pas agressives envers les humains : elles n’ont pas de stock de miel à défendre et plus de la moitié d’entre elles n’ont même pas de dard. Elles sont souvent farouches, préférant fuir les êtres humains. Elles sont très discrètes.

  Elles souffrent parfois de notre négligence et de nos gestes, pas simplement à cause des pesticides mais, de temps en temps, par nos propres mains dans les jardins où elles se réfugient où il arrive que nous leur ôtions leur habitat naturel sans même nous en apercevoir.

  Au printemps, les abeilles maçonnes qui nichent dans le petit abri pollinisent les plantes dans leur milieu. Elles recueillent pollen et nectar pour leur progéniture et chaque alvéole d’incubation en est approvisionnée. Sur ce mélange, la femelle pond un œuf unique. Les alvéoles d’incubation sont ensuite scellées par un mince mur de terre glaise. Ce mur formera le sol pour la prochaine alvéole d’incubation. Les abeilles maçonnes emplissent les alvéoles d’incubation jusqu’à ce que le nid soit plein. Finalement, le nid est scellé par un épais bouchon de terre glaise. Les abeilles adultes meurent de manière naturelle, après environ deux mois de temps de vol.

  Grâce à cette ruche, chacun peut observer de près et sans danger les abeilles maçonnes, et apprendre ainsi des choses fascinantes sur la vie de ces insectes inoffensifs. En effet, si certaines femelles possèdent un tout petit dard, sachez qu’elles ne l’emploient pratiquement jamais. Il faut vraiment leur forcer la main pour risquer d’être piqué et, contrairement aux piqûres d’abeilles mellifères ou de guêpes, la piqûre d’une abeille maçonne, si elle devait se produire, est à peine douloureuse. Vous pouvez donc vous approcher sans danger et tirer, en douceur, le petit tiroir d’observation pour regarder à l’intérieur.

Tiroir

  Au cours de l’été, vous verrez que les progénitures se développent dans les cocons. En automne, les abeilles commenceront leur hibernation. Tout au long de l’année, les curieux pourront donc assister à l’éclosion, la pollinisation et la nidification des infatigables abeilles maçonnes.

  Veillons sur les abeilles comme elles veillent sur nous !