Il semblerait que les tortues d’Hermann soient de sortie à Tordères ! En effet, ce sont pas moins de trois tortues qui ont été récupérées en trois semaines sur la voie publique dans notre commune. La première a failli se faire écraser du côté du Mas Noé et a été récupérée in extremis avant d’être relâchée en pleine nature, loin de toute circulation de véhicules; la seconde a été trouvée morte devant l’école (sans doute écrasée); et la troisième, bien vivante, toujours en face de l’école, a été sauvée du pire par une habitante.

Tortue

Les tortues d’Hermann sont une espèce sauvage protégée car elles sont confrontées à un important risque d’extinction lié à la destruction de leur habitat (lors des débroussaillages, par exemple), de l’animal même (victimes des voitures, de la lame des débroussailleuses, des morsures de chien, de chat, etc.), mais lié également à des prélèvements humains et des mises en captivité intempestives.

Elle fait partie de la famille des tortues terrestres et occupe les régions méditerranéennes du sud de l’Europe, depuis la Catalogne, à l’ouest, jusqu’à la Turquie, à l’est. Elle est l’unique tortue terrestre sauvage de France !

Mesurant de 15 à 18 cm de long à l’âge adulte, la Tortue d’Hermann se reconnaît notamment par sa griffe cornée au bout de la queue, des motifs jaune orangé et noirs denses et étendus sur le dos de la carapace, deux bandes noires régulières sur le ventre, et une carapace ovoïde.

Sa zone de survie coïncide presque strictement avec celle des boisements de chênes lièges qui constituent ses derniers refuges.

La tortue d’Hermann est active pendant 8 à 9 mois (mi-mars jusqu’à mi-novembre), avec des pics d’activité en mai-juin et septembre-octobre. Il s’agit d’une espèce diurne, son activité journalière est continue de mars à mi-juin et de septembre jusqu’à l’hibernation, qui s’étend de mi-novembre à mi-mars (durant cette période, elle s’enterre dans le sol, au pied d’un rocher, d’un buisson ou dans une zone boisée en laissant souvent affleurer le sommet de sa carapace, ce qui la rend vulnérable aux travaux mécanisés.

L’animal est assez sédentaire et très fidèle à son lieu de vie. Les déplacements s’effectuent au sein d’un domaine vital relativement réduit (d’un à plusieurs hectares). Les individus les plus jeunes restent cantonnés près de leur lieu de naissance au moins pendant les premières années de vie.

En cas de perturbation de leur habitat (incendie, dégradation consécutive à l’action humaine), les tortues ayant quitté leur domaine vital cherchent à y retourner. Le même phénomène est constaté pour des animaux déplacés intentionnellement. Il s’agit d’un comportement nommé « Homing » (retour des tortues à leur lieu de naissance).

La tortue d’Hermann est principalement herbivore (elle aime particulièrement les légumineuses) mais elle peut, à l’occasion, consommer des fruits, des invertébrés (escargots, cloportes, coléoptères, vers de terre) ainsi que des restes d’animaux morts ou des excréments de mammifères.

Ses besoins en eau sont en partie couverts par l’alimentation cependant en période estivale, elle est souvent à la recherche d’endroits humides ou d’un point d’eau.

La prédation s’exerce essentiellement sur les pontes et les jeunes tortues, même si des adultes peuvent en être victime. L’évolution des habitats depuis plus d’un demi-siècle a engendré une forte reprise de la forêt ayant pour conséquence une concentration des pontes sur de petites superficies. Le phénomène naturel de prédation sur les pontes s’est donc amplifié, l’action des prédateurs comme la fouine, le renard ou le blaireau, habitués à cette consommation, a pris de l’ampleur localement. L’augmentation des populations de sangliers, depuis une trentaine d’années, a également accru la prédation sur les œufs et les jeunes.

Les chiens constituent aussi une forte menace pour ces tortues (environ 30% des soins vétérinaires prodigués aux tortues sauvages concernent des blessures occasionnées par des chiens, notamment à proximité des habitations – pattes sectionnées, carapaces rongées, etc).

La tortue d’Hermann est protégée règlementairement au niveau international, européen et français. Elle fait partie des espèces prioritaires européennes, et de plusieurs conventions internationales.

La vente et la détention de tortues d’Hermann provenant du milieu naturel est interdite. Il est également strictement interdit de la perturber dans son milieu. La peine encourue pour la vente et l’achat de tortues issues de populations naturelles est de 6 mois d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

En application des deux arrêtés du 10 août 2004, la détention de tortues d’Hermann par des particuliers est soumise à autorisation préfectorale possible uniquement pour des individus nés en captivité :

► Jusqu’à 6 tortues détenues : une simple autorisation préfectorale suffit. Il s’agit d’une autorisation d’élevage d’agrément (AEA*) nécessaire dès la détention d’un seul individu adulte.

► Si plus de 6 tortues adultes sont détenues, il faut un certificat de capacité (CDC*) et une autorisation d’ouverture car cela est considéré comme un élevage. Ces documents peuvent être obtenus à la préfecture des Pyrénées-Orientales, à la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP).