Un article pour le moins troublant est paru dans « Le Travailleur Catalan » de cette semaine (30 août – 5 septembre 2019). Il apporte de nouveaux questionnements sur le projet d’implantation d’éoliennes industrielles dans les Aspres. En voici le contenu :

« Exclusif. Le projet d’installation de six éoliennes à Passa semble bouclé. Des décisions imminentes vont être prises.

L’énergie éolienne est contestée par certains, d’un simple point de vue technique (intermittence du vent et stockage impossible), l’exemple de l’Allemagne (dans l’obligation de reprendre la production de l’électricité dans les centrales à charbon) venant étayer les arguments des opposants.

Elle est contestée aussi par d’autres, d’un point de vue plus politique et économique dénonçant les financements privés, la «rémunération importante du capital», l’absence de maîtrise publique, l’obligation d’achat par le public (quantité, tarif 72€/kw, et 15 années), véritable cadeau fait aux investisseurs. «C’est le meilleur rendement «capitaliste» sur le marché! En six ans en moyenne, la mise et l’investissement sont amortis!». L’effet d’aubaine a bien fonctionné.

Contestée enfin par les citoyens proches (6000 signatures dans les Aspres), pour les paysages abîmés, pour la biodiversité en danger, pour les problèmes sanitaires à proximité (distance des lieux de vie), donnant lieu à la naissance d’associations environnementales, fédérées au niveau régional.

L’enquête publique est lancée pour le parc de Passa, ce lundi 26 août.

Un projet de six éoliennes industrielles surdimensionnées (150 m en bout de pale), abîmant le paysage, refusées par de nombreuses municipalités du secteur (11/19), soumises à un moratoire du département qui court toujours, menaçant une biodiversité plus riche qu’il n’y paraît et, d’un autre côté, pour convaincre, des taxes et des émoluments versés aux collectivités, Région, départements et mairies par l’entreprise acteur. Nous y sommes. L’enquête d’utilité publique est lancée (préfecture) lundi 26, pour 4 semaines. L’Entreprise Éléments est au centre. En vérité, c’est la société financière NORIA, aux capitaux majoritairement belges, qui passe par la sas société Eléments (française) pour porter et finaliser le projet. Avant d’en arriver là, il y aura eu plusieurs enquêtes, rapports, parfois corrigés, avis multiples, officiels et officieux (consultatifs). La décision finale sera prise par le préfet.

Le soupçon de «conflit d’intérêts». Cent-dix-neuf dérogations demandées !

A Passa, un énorme travail a été mené par un scientifique, à ses frais. Il y prouve l’immense intérêt de cet espace dans son rôle de «couloir migratoire». Il a confié son rapport à la Région. La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), l’a étudié, annoté, et l’a «refilé» à l’entreprise SAS Éléments pour qu’elle améliore son projet et « revoit » sa copie. Ce qui a été fait. L’entreprise n’en a pas moins demandé ensuite 119 dérogations pour 119 espèces protégées en danger. Ce chiffre a été ramené à 35, et des «alternatives techniques» ont été proposées par l’entreprise, avec effaroucheurs, déplacements d’espèces au sol…. «Le dossier a sacrément progressé», d’après les fonctionnaires de la DREAL. Mais…

La MRAE, Mission Régionale d’Autorité Environnementale (crée en 2016) , indépendante du CR, donne avis en lieu et place des préfets de région. Dans ce cas, la MRAE Occitanie a remis en cause les conclusions de la DREAL, avec des critiques « pointues, importantes et argumentées » d’après les responsables de l’association «Le Vent Tourne». Malgré cela, la DREAL a continué de soutenir encore et toujours le projet en l’état. Pourquoi ? La question est posée. Après avoir cherché, la réponse a peut être été trouvée : Le chef de pro- jet, pour l’entreprise SAS Éléments, se nomme Tymoty Kruger, jeune ingénieur trentenaire embauché chez Éléments. C’est lui qui pilote et organise l’ensemble des démarches à effectuer. Le directeur de la DREAL Occitanie se nomme Didier Kruger (61 ans, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, à la carrière bien remplie, DDE, Conseil Départementaux, …) et n’est autre que son « papa ». Or, l’avis de la DREAL est décisif dans les prises de décisions. Dans ce cas précis, le responsable d’une administration publique a émis un avis favorable à propos d’un projet, porté par un responsable privé qui n’est autre que son fils, contesté par ailleurs par l’organisme indépendant MRAE. A minima, le doute reste permis.

Rédigé le 29/08/2019 par Michel Marc »

Y a-t-il conflit d'intérêt

Les semaines à venir sont cruciales, c’est pourquoi il est important que chacun s’exprime sur le sujet dans le cadre de l’enquête publique qui s’achèvera le vendredi 27 septembre, soit en :

1) Déposant une lettre ou des commentaires sur le registre d’enquête publique  en mairie de :

- PASSA : au mois août, du lundi au vendredi, de 8h à 12h ; au mois de septembre, du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 14h à17h, excepté le jeudi après midi.

- LLAURO : chaque lundi, mardi et jeudi, de 14h à 17h45, et le vendredi, de 14h à 17h.

- FOURQUES : du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 17h à 18h, ainsi que le samedi, de 9h à 12h.

2) Envoyant vos commentaires par mail (à partir du 26 août) : pref-EPeolienpassa@pyrenees-orientales.gouv.fr

3)  Exprimant vos commentaires en direct auprès de M. Zocchetto, Commissaire Enquêteur, qui vous recevra en mairie de :

- PASSA,  le lundi 26 août, de 9h à 12h ; mercredi 11 septembre de 14h à 17h ;  vendredi 27 septembre de 14h à 17h.

- LLAURO, le jeudi 29 août, de 14h à 16h.

- FOURQUES, le lundi 02 septembre, de 9h à 12h.

L’enquête publique est OUVERTE A TOUS. Faites entendre votre voix, ne laissez pas les tractopelles parler à votre place et détruire à tout jamais notre patrimoine paysager, historique et culturel.