L’état des ressources en eau du département est régulièrement suivi par l’ensemble des partenaires impliqués dans sa gestion : collectivités, usagers, experts et services de l’État.

Le comité départemental dit «sécheresse» s’est réuni une seconde fois le 10 juin sous l’autorité du Préfet . Il a permis de faire le bilan de l’état actuel de la ressource en eau et de partager le constat d’un début d’année qui reste sec.

Au niveau des cumuls de pluie, les précipitations ont été faibles depuis octobre dernier et l’on observe un déficit généralisé allant de 50 % à 70 %, selon les secteurs, par rapport aux normales de saison. De plus, la fonte nivale est quasiment achevée.

Les épisodes pluvieux ont été peu nombreux et peu productifs pour recharger les nappes phréatiques. Les niveaux des nappes Quaternaires affichent un niveau quantitatif faible sur l’ensemble de la plaine du Roussillon ainsi que ceux du Pliocène sur les secteurs Agly-Salanque, Bordure côtière nord et Têt (Bompas).

Les averses orageuses entre les 28 mai et 5 juin ont principalement bénéficié aux cours d’eau. Cependant, les débits restent particulièrement bas sur l’amont de l’Agly et le Tech est actuellement en décrue ; ses débits sur l’aval sont à nouveau proches des seuils de vigilance.

Les premiers efforts de gestion, d’ores et déjà engagés par la profession agricole sur la gestion des canaux d’irrigation, sont à souligner.

Au vu de cette situation hydrologique, le Préfet des Pyrénées-Orientales a décidé, en application du Code de l’environnement, de limiter certains usages satisfaits à partir des ressources qui sont dans les situations les plus tendues (voir carte ci-dessous).

Sur le bassin versant de l’Agly amont ainsi que sur les nappes des secteurs Agly-Salanque, Bordure côtière nord, Têt et Tech, des limitations ou interdictions sont effectives pour les usages non essentiels suivants :

  • le prélèvement de l’eau pour le remplissage des piscines privées à usage unifamilial, exception faite de la première mise en eau après construction du bassin. Cela ne concerne pas les appoints en eau nécessaires au cours de la saison quelle que soit la ressource mobilisée ;
  • le lavage des véhicules hors des stations professionnelles sauf pour les véhicules ayant une obligation réglementaire et pour les organes liés à la sécurité ;
  • le fonctionnement des fontaines publiques en circuit ouvert ;
  • le nettoyage des terrasses et des façades ne faisant pas l’objet de travaux ;
  • le lavage des voiries sauf impératif sanitaire et à l’exclusion des balayeuses laveuses automatiques ;
  • le lavage des bateaux, hors professionnels lors de travaux sur zones de carénage ;
  • l’arrosage des pelouses, des rond-points, des espaces verts publics et privés et des jardins d’agrément à l’exception des jeunes plants de moins de trois ans sur demande expresse de dérogation ;
  • le prélèvement d’eau en vue du remplissage ou du maintien du niveau des plans d’eau de loisirs à usage personnel ;
  • l’arrosage des espaces sportifs de toute nature et des terrains de golf à l’exception des « greens et départs » et des terrains de sport (limités strictement aux aires de jeu des terrains principaux) ;
  • le fonctionnement des douches de plage publiques et privées.

Les usages agricoles y sont réduits de 25 %.

Les usages industriels ainsi que les conditions d’intervention des gestionnaires sur les réseaux et ouvrages d’eau potable et d’eaux usées sont également encadrés.

Par ailleurs, les faibles niveaux piézométriques des nappes de la plaine du Roussillon ainsi que la situation hydrologique sur l’ensemble des bassins versants impliquent la mise en place de mesures correspondant au niveau de vigilance. Il est ainsi demandé :

  • à tous les utilisateurs d’eau, d’optimiser ses consommations et de les réduire au strict nécessaire, qu’elles soient destinées à un usage privé ou professionnel ;
  • aux exploitants des stations d’épuration, d’effectuer une surveillance accrue de leurs exploitations ;
  • aux maires et aux services gestionnaires de la distribution de l’eau potable, de réaliser une surveillance accrue de leur ressource en eau, de leurs ouvrages et en particulier du marnage de leur réservoir ;
  • aux activités industrielles, agricoles et commerciales, de limiter au strict nécessaire leur consommation d’eau.

Au-delà de ces mesures, les utilisateurs sont tous appelés à adopter un comportement responsable et économe en matière d’utilisation de l’eau.

Des campagnes de contrôle du respect de ces mesures sont régulièrement conduites par les services de l’État.

Les modalités de mise en œuvre de toutes ces mesures ainsi que la liste des communes concernées sont précisées dans l’arrêté préfectoral consultable.

Si l’évolution de la situation, qui fait l’objet d’un suivi régulier, le justifiait, des mesures complémentaires pourraient être mises en place.